07-06-06

100 jaar socialisme in Hengouwen.

TRIESTE BALANS...schrijft het weekblad Trends

Knack kopte de voorbije week met 'De machteloosheid van links' op zijn cover.
Enkele mensen deden hier uitspraken over, onder wie professor Koen Raes. Die ziet "het spook van het kapitalisme" rondwaren.

Trends maant de professor vanuit de Gentse universiteit beter eens een vijftigtal kilometer zuidwaarts te trekken, naar Henegouwen. Raes kan daar de zegeningen van links toejuichen.

De Parti-Socialiste is er sinds 1894 'incontournable'. Met ofwel een volstrekte meerderheid, ofwel losjes 40% van de stemmen. Ruim honderd jaar later zou men toch de eerste tekenen van het rode paradijs aan de horizon mogen verwachten.

Jammer genoeg blijft het wachten op de maakbare samenleving.
Het enige wat links nalaat is chaos en armoede.

01:23 Gepost door Janice Laureyssens | Permalink |  Facebook |

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De waalse versie Charleroi: peur sur la ville

Francis Van de Woestyne

Mis en ligne le 07/06/2006
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La ville est entre les mains d'une poignée de personnes. Les gentils, les obligés se taisent. Les rénovateurs relèvent la tête malgré les menaces et les intimidations.
"Salopes! Vl'a les salopes...!" Ce soir-là, les militants de l'Union socialiste communale de Charleroi accueillent à leur manière les journalistes de la RTBF. Pour accéder au local, il faut se frayer un chemin entre les amis du député permanent Jean-Pierre De Clercq, dont le sort doit être discuté entre les camarades. De Clercq a mis en doute la compétence et l'impartialité de la juge France Baekeland qui l'a inculpé dans le cadre de ses activités de curateur. Dès lors, De Clercq a rameuté ses hommes et ses femmes qui frôlent et bousculent les invités jugés hostiles à sa cause. Les injures fusent. Franchissant difficilement cette haie d'honneur, Jean-Pierre Van Gompel, le bourgmestre de Charleroi, n'échappe pas aux insultes. Il s'installe, furieux, sur l'estrade de la salle où se tient la réunion.
Mais sa colère s'estompe vite: Van Cau lui fait ravaler ses velléités d'en découdre avec De Clercq, son ami. D'ailleurs, tout le scénario de cette soirée a été réglé d'avance par Van Cau lui-même: Van Gompel s'occupera des problèmes communaux. Il se réservera les problèmes provinciaux, à savoir le sort de Jean-Pierre De Clercq. Le seul vote portera sur le fait de savoir si De Clercq doit faire l'objet d'un blâme. Ceux qui souhaitaient son exclusion en sont réduits à voter pour le blâme... Entre parvenus, on se soutient.
ON VOTE À MAIN LEVÉE POUR MIEUX REPÉRER LES TRAÎTRES... ET LES RÉNOVATEURS
Le résultat du vote est stalinien. Mais il a été acquis grâce à la terreur que le camp Van Cau fait régner depuis toujours sur Charleroi. Car l'USC, c'est quoi? Des mandataires en place, des gentils, des sages, et les obligés de Jean-Claude Van Cauwenberghe, ceux qui lui doivent leur élection. Leur point commun? Leur soumission à Van Cau. Leur silence. Leur dévouement total. Ceux-là ferment les yeux et les oreilles quand il le faut, battent des mains quand on le leur demande et lèvent le carnet de militant au signal du vote.
Car ici, la plupart des votes «démocratiques» se font à main levée, histoire de mieux repérer les traîtres, les vendus, les rénovateurs.
Les quoi? «La rénovation est le cache-sexe des ambitieux», a dit Van Cau. Tout est dit. Ici, les rénovateurs (Isabelle Minsier, présidente des jeunes socialistes, Ingrid Colicis, Paul Ficheroulle, députés wallons et Eric Massin député fédéral) ne sont que des emmerdeurs, des empêcheurs d'arranger en rond, des gens qui parlent «valeurs» à ceux qui ne comprennent que le mot «argent». Au départ, les rénovateurs ont été utilisés pour démontrer qu'à côté des indélicats, il y avait aussi quelques blanches colombes. Mais très vite, ces colombes ont rué dans les brancards et aujourd'hui, ils et elles ont peur.
A Charleroi, tout est entre les mains d'une poignée de personnes qui ont mis le grappin sur une ville. Forts, il faut bien l'admettre, d'une majorité acquise d'élection en élection, ils décident seuls du destin de la ville quitte à faire passer leurs intérêts et ceux de leurs obligés avant tout le reste. Certains ont été plus maladroits que d'autres. Ils tombent devant la justice les uns après les autres.
Comment ont-ils pu agir pendant des lustres en toute liberté, sans contrôle? Les 15 sections locales sont aux mains, pour la plupart, d'amis de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Quand l'USC doit voter, ce sont ces hommes et ces femmes qui participent au scrutin, en fonction de l'importance respective de leur section. Tel président a 15 voix, tel autre 20. Mais in fine, le militant n'a que peu souvent voix au chapitre.
L'établissement des listes électorales est aussi un simulacre de démocratie: on choisit, par vote, les têtes de listes à la commune et à la province. Puis c'est le règne de l'arbitraire, du savant dosage entre les échevins sortants, les fils de (Van Cau, De Clercq, Wilgaut). Les autres se partagent les miettes du gâteau. Quand on hésite entre deux femmes, par exemple, c'est la photo qui sert à choisir. Les mignonnes gagnent toujours. Mais globalement, les femmes, on ne les aime guère. Soit, «parce que ce sont de jeunes pucelles sans expérience», soit «parce qu'elles ont déjà vécu».
Le rapport des hommes politiques socialistes avec les femmes mériterait, à lui seul, une vaste étude. La plupart de ces potentats locaux ont délaissé l'épouse d'antan pour s'afficher avec la dernière conquête qui parfois, passe de l'un à l'autre. Car la première qualité d'une femme, pour eux, est qu'elle se couche. Pas nécessairement qu'elle couche. Mais qu'elle SE couche, qu'elle dise oui merci, qu'elle soit jolie, qu'elle porte de jupes courtes. Elle ne doit pas trop parler, pas trop penser, pas trop vouloir. Juste faire tapisserie. L'une d'elles avait eu le courage de dénoncer le machisme du collège: elle a été traduite devant le tribunal de ses pairs.
LA PREMIÈRE QUALITÉ D'UNE FEMME EST QU'ELLE (SE) COUCHE
Bien sûr, tous les socialistes de Charleroi ne sont pas comme cela. Les purs, les vrais, les audacieux, il y en a. Mais soit ils sont réduits au silence, soit ils sont menacés.
Menacés? Oui. En paroles, en gestes, en actions. Que dire de celle-ci qui ne dort plus chez elle depuis une semaine, parce qu'un de ses voisins est un homme à De Clercq? Parano? Elle a peur, tout simplement, parce que, de temps à autre, mue par son idéal, elle ose affronter les éléphants locaux. Et que dire de cette autre dont la porte d'entrée a déjà été aspergée d'essence? Elle a déjà reçu un fumigène dans sa boîte aux lettres et elle n'ose plus laisser son enfant aller seul à l'école ou à la garderie? Parano elle aussi? Ce climat de menaces n'est pas toujours visible, tangible, démontrable. Après les réunions où les rebelles se font entendre, des «amis qui leur veulent du bien» viennent toujours leur dire: «Tu as été trop loin, tu vas le regretter.» Qui sont-ils? Des hommes de main «limite Front national».
En dire plus, ce serait mettre en péril ceux et celles qui ont le courage de parler. Et encore: à demi-mots, cachés, en demandant de tout faire pour qu'on ne les reconnaisse pas trop.
Les interviews sont systématiquement épluchées et tout propos jugé «anticonfraternel» entraîne une comparution de son auteur. Mardi soir encore, le nouveau comité de vigilance, chargé non pas de traquer les fauteurs mais les traîtres, devait entendre Isabelle Minsier, Ingrid Colicis et Eric Massin pour leur «dérapage verbal», c'est-à-dire de simples critiques sur l'establishment local.
L'avenir? Sur place, les anciens font le gros dos. Van Gompel, qui a reçu des mains d'Elio Di Rupo et de l'ensemble du bureau du PS, les clés de la rénovation, a tôt fait de trahir la confiance qu'on lui avait donnée en s'agenouillant une fois encore (une fois de trop?) devant Van Cau, lequel s'est baptisé, quatre jours plus tard, le pape de la rénovation? Il est comme cela, Van Gompel, on ne le refera pas. Honnête. Oui. Mais tellement mou, mou, mou. Et il change d'avis trois fois par jour. Le matin, il se lève rénovateur. Il ne l'est plus quand il prend son petit-déjeuner avec Van Cau. Il le redevient quand Di Rupo l'appelle.
Comment rénover le parti et l'ouvrir? C'est quasiment impossible. Quand on dit «ouverture aux chrétiens», la moitié de l'USC frise l'apoplexie. Ouverture aux Ecolos? L'autre moitié hurle. A l'associatif? Personne ne sait ce que c'est...
Ils disent qu'ils ont tout fait pour la ville. Faux. Le bilan est catastrophique. Un jeune sur deux est au chômage. Charleroi perd ses cerveaux parce qu'il n'y a pas d'université et pas beaucoup de travail qualifié. La population se paupérise. Les uniques débats au niveau local portent sur la création des centres commerciaux et sur le point de savoir si l'on y installera un Delhaize ou un Mestdagh.
Le pire, sans doute, c'est que l'influence néfaste des éléphants se fera encore sentir même quand ils seront partis. Car Van Cau a tissé des liens partout et son système féodal, même s'il se lézarde, a encore une influence considérable.
Tout ceci, diront-ils, n'est que mensonges, exagérations, calomnies. Hélas, non, trois fois non: ce serait bien plus simple si tout cela était romancé. Charleroi attend seulement qu'on la libère du joug socialo-totalitaire dans laquelle elle se meurt. Le pire serait qu'il ne se passe rien.


© La Libre Belgique 2006

Gepost door: Peter Selie | 07-06-06

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