29-07-08

Een brief uit Antwerpen in ‘La Libre Belgique’

Probeer deze brief helemaal te lezen, het is echt de moeite waard.
Un accord est-il encore possible?
Titre : Ce sera difficile
écrit par Gilbert Roelants le 11/07


Ce sera difficile pour les raisons suivantes :

Les francophones considèrent la Belgique comme leur patrie, à juste titre d'ailleurs, mais où il parlent français de Verviers à La Panne et de Arlon à Knokke-Zoute et cela pas seulement entre eux, ce qui serait tout-à-fait normal, mais partout et en toutes circonstances : dans les magasins, au restaurant, à la poste, à la banque, à la pharmacie, à l'hôtel de ville, que se soit en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre, n'importe. Quand je me promène avec mon chien à Nieuwpoort il y a des passants qui me disent « Oh, quel beau chien, et comment s'appelle-t-il? ».

Imaginez les néerlandophones parlant le néerlandais partout dans le pays, dans les magasins de Liège, à la poste de Nivelles, chez un pharmacien à Charleroi, à l'hôtel de ville de Mons ou dans la rue à Namur, disant « O, wat een mooie hond hebt u daar, en hoe heet hij ? ». Vous seriez stupéfaits, indignés, fâchés; la seule chose que vous serez en mesure de répondre est « comment? ». Moi, Flamand borné, je répond sagement « Il s'appelle Pim, monsieur ou madame », selon le cas.

Il y a très longtemps et à la demande des Wallons une frontière linguistique a été tracée, avec des facilités pour les minorités linguistiques de part et d'autre de cette frontière.
A partir de ce moment il n'y a eu que des problèmes linguistiques au nord de cette frontière, jamais au sud, à la seule exception, très triste, de la petite école à Comines que les francophones refusent jusqu'à ce jour de financer. Les néerlandophones qui se sont installés au sud de la frontière, les Cools, les Onkelinx, les Van Cauwenberghe, se sont adaptés et intégrés sans aucun problème, ils sont devenus francophones, voire Wallons. Les francophones s'installant au nord de la frontière linguistique ont toujours refusé de s'adapter, faisant preuve d'un sens de supériorité, de dédain et de mépris pour la langue et la culture néerlandaises inexplicable.

C'est une chose que je ne parviens pas à comprendre. La langue et la culture néerlandaises sont partagées en Europe par au moins 22 millions d'habitants, non pas quelque part en Ouzbékistan, mais ici tout près de chez vous et pour une grande partie au sein de votre propre pays, et pourtant vous n'en connaissez rien. La langue et la culture de la majorité de vos compatriotes dans cette Belgique que vous aimez tant vous n'en avez aucune idée. Parfois on reproche aux Flamands d'être des nationalistes qui veulent se replier sur eux-mêmes (keer naar uw dorp...), mais nous connaissons p.ex. (et lisons parfois en langue originale) Jean- Philippe Toussaint, Fred Vargas ou Amélie Nothomb pour ne citer que ceux-là, lisez-vous Harry Mulisch, Jeroen Brouwers ou Annelies Verbeke ?
Est-ce qu'on entend aux radios francophones parmi les chansons de Jacques Brel, Georges Brassens ou Axelle Red aussi des chansons de Boudewijn de Groot, Raymond van het Groenewoud ou Stef Bos ? Les francophones, au lieu d'apprendre et d'utiliser d'autres langues et d'élargir leur champ de vue se contentent de regarder des films ou des séries de télévision doublés en français, où des Américains à New York ont tous les mêmes voix françaises horriblement impersonnelles. Oké, à chacun son goût mais de reprocher aux Flamands (genre Paul Janssen, Peter Piot, Godfried Danneels ou Jacques Rogge) d'être des abrutis culturels ou de nous regarder avec un sourire compatissant quand nous faisons une faute contre le français (cela m'est arrivé plusieurs fois), non merci.

Ce qui me frappe aussi c'est que les cyclistes et joueurs de football qui font partie d'une équipe néerlandaise ou flamande parlent le néerlandais après très peu de temps de façon tout à fait acceptable et souvent même impeccable, qu'ils viennent de la Finlande, de l'Australie, du Brésil, de la Wallonie ou de n'importe où. Les intellectuels et la bourgeoisie francophones de la périphérie bruxelloise par contre n'arrivent pas à maîtriser le néerlandais? C'est évident qu'ils y sont capables (malgré qu'ils ne semblent pas comprendre des boutades style Leterme), c'est également évident qu'ils refusent tout bonnement de descendre de leur piédestal et de parler la langue des ouvriers, paysans et domestiques locaux. Ils veulent continuer à être servis dans la langue de leur choix. Cela implique que la population autochtone flamande doit parler le français, plutôt que l'inverse. Ceux qui critiquent cette attitude ne sont pas de bons belges ?

La situation à la ville de Bruxelles est beaucoup plus grave encore. Bruxelles est la capitale d'un pays qui compte une large majorité de néerlandophones, est située au nord de la frontière linguistique, en pleine région flamande, et les néerlandophones y sont à peine tolérés. En fait, ils y sont traités pires que les étrangers et immigrants, puisque beaucoup de ceux-ci parlent français, les néerlandophones aussi, bien sûr, mais on ne peut quand-même pas attendre de ces derniers qu'ils utilisent le français pour se faire comprendre dans les services publiques de leur propre capitale située en Flandre (ce qu'ils font de toutes façons par nécessité)? Ma fille donne cours à Bruxelles et j'y ai travaillé un an donc je sais de quoi je parle.

D'entendre des hommes politiques parler aujourd'hui de la « flamandisation » de Bruxelles ou de la « dictature de la langue néerlandaise » est vraiment pour pleurer. Les Flamands n'ont jamais « flamandisé » dans l'histoire aucune commune francophone en Belgique ni ailleurs, par contre les francophones ont francisé au cours de l'histoire d'innombrables communes flamandes, en France et en Belgique, ou est-ce qu'on pense que des communes comme Linkebeek, Drogenbos, Waterloo, Dunkerque, etc. pour ne pas oublier Broeksel, étaient originalement des communes francophones ? Les Flamands n'ont jamais été impérialistes (linguistique ou autre) mais ont, au contraire, toujours cédé de leur territoire pour satisfaire aux exigences présomptueuses francophones. Et encore vous vous plaignez.
Oui, c'est pour pleurer.

Les transferts financiers de la Flandre envers la Wallonie et Bruxelles ne m'ont jamais dérangés. Il y aura toujours des transferts d'une région à l'autre dans n'importe quel pays, y compris dans une Flandre autonome. Les francophones ne doivent certainement pas remercier les néerlandophones pour ces transferts, même s'ils durent depuis des décennies. Mais leurs interventions continuelles dans les affaires internes de cette Flandre généreuse sont tout à fait inacceptables. Ils ne font preuve d'aucune honte pour exiger des Flamands constamment agressés une solidarité totale, inconditionnelle et permanente, sinon cette Belgique pour laquelle leur amour est si grand, pourra crever. Même les réformes économiques nécessaires pour le bien de l'ensemble du pays sont bloquées pour des revendications linguistiques du côté flamand de la frontière linguistique.
C'est le comble qu'à deux reprises les francophones ont durant les dernières décennies menacés les néerlandophones de prendre des décisions fédérales séparément si leurs exigences ne seraient pas honorées. A la suite de ces chantages les droits d'héritage et les décisions concernant l'exportation des armes de guerre ont été divisés. Quand les néerlandophones demandent de mettre fin à une situation illégale et injuste et de diviser administrativement la région de Bruxelles- Halle-Vilvorde, ils sont condamnés comme des « séparatistes ».

Les vrais fossoyeurs de l'unité belge sont les francophones en général et des individus comme Happart, Maingain et autres di Rupo (quelles injures envers les Flamands ces derniers temps) en particulier.
La presse francophone surtout est coupable; c'est compréhensible, elle vit de la francophonie, mais un minimum d'objectivité serait quand- même souhaitable. Cette presse maîtrise depuis toujours la technique fâcheuse de reprocher à haute voix aux « méchants » tout ce qu'elle passe sous silence pour les « bons », notamment en matière de collaboration, fascisme, incivisme, racisme (je me souviens encore vivement les titres à la une dans Le Soir et La Libre dans les années '90 « Pas de Flamand bourgmestre de Bruxelles ! »), extrémisme, régionalisme, droit du sol, etc . Les francophones p.ex. sont très attachés à la démocratie, mais uniquement quand cela leur convient, p.ex. à Bruxelles et dans la périphérie. Au niveau national leurs principes démocratiques retombent à zéro, là la majorité néerlandophone ne peut pas jouer, ce n'est pas très honnête.
Le peuple flamand est probablement le seul peuple au monde qui, au sein d'un pays, a volontairement renoncé à sa majorité, les francophones ne l'auraient jamais fait, jamais ! Au lieu d'apprécier cette générosité les francophones veulent toujours plus: plus de « sol » (pendant qu'ils reprochent aux Flamands leur vilain « territorialisme »), plus de « solidarité » (financière en une direction), plus de pouvoir (non démocratique) et plus de français (partout).
Encore en 2008 un ministre cdh du nouveau gouvernement a expliqué son programme à la radio flamande en ... français; cette personne est donc incapable de prendre connaissance des journaux et magazines flamands, des émissions de radio et tv flamandes, de ce qui vit chez la majorité de la population qu'il est supposé de servir, etc., incroyable. Cette attitude aura finalement sans aucun doute comme résultat que l'irritation des « méchants » se traduira en des réactions séparatistes: si on nous supporte uniquement pour notre portefeuille mieux vaut se divorcer. Je me demande d'ailleurs de plus en plus pourquoi les francophones qui se sentent tellement opprimés et qui manifestement méprisent sinon détestent leurs compatriotes flamands n'insistent-ils pas eux-mêmes à une séparation. C'est pour quand la Wallonie proclamée libre de l'état soi-disant flamand ?

Les paroles historiques de l'un ou l'autre cardinal ou était-ce Jules Destrée? que « la Belgique sera française ou ne sera pas » me viennent à l'esprit. Je pense, je crains, qu'il avait raison. Les francophones me semblent en effet incapables d'accepter, de respecter et d'embrasser parmi eux une autre langue et culture que la langue et la culture françaises. La Belgique est née entre autres à cause de cette incapacité et disparaîtra probablement pour la même raison. C'est dommage mais c'est à la longue inévitable: l'esprit multiculturel et multilingue doit être partagé par tout le monde et non seulement par les néerlandophones.

P.S.1. Le français que je parle et que j'écris, je l'avoue loin d'être du français académique, je l'ai appris à l'athénée de Deurne près d'Anvers, il y a plus de 50 ans. Et vous, Belges francophones, comment est votre néerlandais ?

P.S.2 . Imaginez un Flamand qui ne parle ni comprend un mot de français et qui souhaite obtenir une maison sociale dans n'importe quelle commune de la Wallonie. Comment sera-t-il accueilli pensez- vous ? (Rudy Demotte, un homme honorable, s'est réalisé maintenant, en 2008, qu'il reste quelque chose à faire dans ce domaine..., quand-même assez tard).

P.S.3. Un corridor entre la Wallonie et Bruxelles. faites pour une fois l'effort de vous imaginez que les néerlandophones exigent un corridor entre la Flandre et les Fourons ... absurde non ?

Bien à vous,

Gilbert Roelants
Waasdonk 110
2100 Antwerpen

13:26 Gepost door Janice Laureyssens in Algemeen | Permalink |  Facebook |

Commentaren

Belgium : no face and no language http://youtube.com/watch?v=JmoImlPFdxc

Gepost door: belgiumtoday | 29-07-08

Zet een link naast URL, dat is gemakkelijker.

Gepost door: Janice | 30-07-08

Net wat ik hier al eerder heb geschreven. De Walen zijn gekolonialiseerd

Gepost door: Janice | 30-07-08

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